Invités de RCF Anjou, partenaire du club, Julien Pihant, Mathieu Tremblay et Clément Masson ont posé les mots sur ce que tout Cholet attend avec impatience : les playoffs. Une phase à part. Une autre intensité. Un autre championnat.
📸 Crédit photo : Mathis Coutant
✍️ par Freddy Fildard, le 17 Février 2026.
Une saison régulière maîtrisée… mais pas terminée
Leader de D1 à l’approche des dernières rencontres, le groupe choletais a quasiment validé l’essentiel : une place dans le Top 4, synonyme d’accès direct aux quarts de finale et d’avantage de la glace. Un objectif assumé par le staff dès janvier.
Pour Julien Pihant, le travail a été méthodique : donner un rôle à chacun, installer une hiérarchie claire, responsabiliser le vestiaire. Résultat, une équipe structurée, capable d’alterner maîtrise et résilience.
Mathieu Tremblay, capitaine, insiste sur le socle posé dès le début de saison : construire un collectif fort avant de parler classement. « On ne s’était pas fixé une position précise, mais on savait qu’avec un groupe solide, les résultats suivraient. » Aujourd’hui premiers, les Dogs récoltent ce qu’ils ont semé.
Clément Masson, arrivé avec l’expérience de la Ligue Magnus, confirme : l’osmose est réelle. Jeunes, cadres, anciens du club, recrues étrangères… la meute fonctionne. Et ça ne doit rien au hasard.
Les playoffs, une autre planète
Pour ceux qui découvriraient le système, les playoffs remettent les compteurs à zéro. Seize équipes au départ. Les quatre dernières jouent leur maintien (play-downs). Les meilleures se disputent le titre dans des séries à élimination directe.
« C’est une nouvelle saison », rappelle Julien Pihant. Un format inspiré des ligues nord-américaines : on peut avoir dominé six mois… et tout perdre en quelques jours. Ou renverser la hiérarchie.
Clément Masson le résume sans détour : « En saison régulière, un match perdu ne change pas tout. En playoffs, tu n’as plus le droit à l’erreur. » L’adrénaline monte d’un cran. La marge disparaît.
Les Dogs ont travaillé toute l’année pour ces moments-là. Gestion des mini-séries, préparation mentale, capacité à rester concentrés sur le match présent. Pas de projection inutile. Juste 60 minutes à gagner. Puis les suivantes.
Intensité maximale, récupération minimale
Le défi est aussi physique. On passe d’un rythme classique à des enchaînements de quatre à cinq matchs en une semaine. Là, le mot-clé devient récupération.
Pour le staff, le gros du travail a été fait avant. Pendant les séries, il s’agira surtout d’ajuster : détails tactiques, adaptations rapides face au même adversaire rencontré plusieurs fois d’affilée.
Les joueurs, eux, connaissent la musique. « La fatigue, elle existe, mais elle est dans la tête », glisse Mathieu Tremblay. Quand les playoffs commencent, l’énergie revient presque naturellement. Parce que ce sont les matchs que tout le monde attend.
Pression ? Oui. Privilège, surtout.
Être premier, c’est aussi devenir la cible. Les Dogs seront attendus. Clément Masson l’assume : la pression vient de partout. Du club, du public, de soi-même.
Mais il préfère parler de pression positive. Celle des favoris. Celle qui donne envie. « Je préfère ça qu’une pression de maintien », tranche le capitaine.
Julien Pihant, lui, voit surtout l’enthousiasme. Le derby face à Nantes a déjà donné un avant-goût d’ambiance de playoffs. À Glisséo, la ferveur monte. Et loin d’alourdir les épaules, elle pousse dans le dos.
Reste une valeur cardinale : l’humilité. Les Dogs ont connu des faux pas cette saison. Personne n’oublie qu’un excès de confiance peut coûter cher. En playoffs, chaque détail compte. Chaque relâchement se paie cash.
Des révélations à venir ?
Les séries sont aussi le terrain des guerriers… et des surprises. « Il y a des joueurs de saison régulière et des joueurs de playoffs », sourit Masson.
Un but inattendu. Un tir bloqué au bon moment. Un jeune qui explose sous la pression. Ces instants-là peuvent changer une trajectoire. Pour une équipe. Pour une carrière.
Julien Pihant se montre confiant : les ingrédients sont là. Solidarité, cohésion, esprit de meute. « Ce seront vingt guerriers pour défendre nos couleurs. »
Et après ?
Pas le temps de rêver trop loin. Même si, en coulisses, le staff prépare déjà l’avenir. Les playoffs peuvent confirmer des choix, valoriser des joueurs, attirer des convoitises. Une saison réussie attire les regards – parfois au prix d’un turnover difficile à maîtriser.
Cholet, solide club de D1, assume sa double mission : performer durablement et former des joueurs capables de viser plus haut.
Mais pour l’heure, tout converge vers un seul objectif : gagner le prochain match.
Lorsque les playoffs commencent, c’est une saison dans la saison.
Et la meute est déjà prête.